Les données de l'enquête ANeSA documentent les aspects négligés de la SDSR des adolescentes, femmes migrantes et déplacées internes dans les quartiers informels de Ouagadougou et de Kaya.
| Ville | Ménages | Femmes | Hommes |
|---|---|---|---|
| Kaya | 1 001 | 1 158 | 288 |
| Ouagadougou | 943 | 1 039 | 437 |
Taux de réponse supérieurs à 90% dans les deux villes.
Échantillon raisonné incluant des profils variés, notamment des survivantes de violences.
| Indicateur | Kaya | Ouagadougou |
|---|---|---|
| Indice synthétique de fécondité (ISF) | 6,01 | 4,77 |
| Indice Information Méthode Plus (IIM+) | 55% | 36% |
| Intention d'utiliser la PF dans le futur | 63% | 43% |
| VPI sexuelles chez les femmes en union | 12% | 3,1% |
| Survivantes VBG ayant recherché une aide formelle | < 3% | ~ 20% |
Module Fécondité et Planification Familiale — Enquête ANeSA 2025
Les femmes des quartiers informels de Kaya ont en moyenne six enfants contre cinq pour celles de Ouagadougou. Plus d'une adolescente sur dix a déjà commencé sa vie féconde.
Près d'une adolescente sur trois ne connaît pas la planification familiale (PF). La prévalence contraceptive moderne reste faible (environ ¼ des femmes) et très critique chez les adolescentes (6%).
La principale raison de non-utilisation de la planification est une décision personnelle (50% à Ouagadougou et 73% à Kaya). Plus d'un tiers des femmes (35% à Kaya et 45% à Ouagadougou) ont des perceptions défavorables envers la PF, proportion qui dépasse la moitié (55%) chez les adolescentes.
Moins d'une femmes sur deux reçoit les quatre messages essentiels lors des consultations de planification familiale. La peur des effets secondaires est un obstacle fréquemment rapporté chez 20% des femmes migrantes et déplacées internes de Ouagadougou.
Les normes sociales et de genre restent un frein majeur à la planification familiale dans les quartiers informels : dans les deux villes, une large majorité des femmes migrantes et déplacées internes associent encore la planification familiale à des mœurs légères et la considèrent comme réservée aux femmes mariées, des perceptions particulièrement marquées chez les adolescentes et les femmes peu instruites.
Malgré une perception globalement positive de l'accessibilité et du respect dans les services à Kaya, de fortes disparités territoriales persistent : comparativement à Ouagadougou, les femmes migrantes et déplacées internes de Kaya perçoivent davantage un accueil respectueux et une meilleure accessibilité financière des services de planification familiale, y compris pour les femmes migrantes, déplacées internes en situation de handicap.
Module Violences — Enquête ANeSA 2025
La violence avec les partenaires intimes (VPI) est courante dans la population des femmes déplacées internes et migrantes, où près d'une femme sur dix a déjà subi une violence au cours de l'année passée.
Les femmes déplacées internes et migrantes de la ville de Kaya subissent davantage des violences sexuelles au sein de leur couple. 12% ont subi une violence sexuelle de la part de leur partenaire intime au cours des douze derniers mois ; ce qui représente près deux fois l'incidence au niveau national selon l'enquête nationale PMA (6,4% en 2022).
La recherche d'aide est peu courante chez les femmes rapportant des violences ; moins de 3% des survivantes de violences rapportent avoir recherché de l'aide auprès de services d'aide formels à Kaya.
La normalisation de la violence est non seulement perçue par les femmes comme l'une des principales causes VBG mais aussi la principale raison pour laquelle les survivantes ne recherchent pas de l'aide.
Module Avortement — Enquête ANeSA 2025
La majorité des femmes déplacées internes et migrantes ignore l'existence d'une loi sur l'ISG ; elles sont 74 % qui ne savent pas qu'elles peuvent recourir à une ISG dans certaines conditions prévues par la loi au Burkina Faso.
L'on observe des disparités importantes parmi les enquêtées en termes de connaissance de l'existence de la loi sur l'ISG. Alors que 30% des migrantes sont au courant de l'existence de cette loi, cette proportion était seulement de 20% chez les femmes déplacées internes.
Parmi la minorité des femmes migrantes et déplacées internes qui sont au courant de l'existence d'une loi sur l'ISG au Burkina Faso, moins de deux femmes sur dix (19%) connaissent effectivement les différentes conditions dans lesquelles la loi autorise l'ISG au Burkina Faso.
En général, les femmes et hommes migrantes et déplacées sont en désaccord avec l'application de la loi sur l'ISG sous toutes ces conditions (quatre) conditions. Mais, elles sont majoritairement d'accord pour que la loi soit appliquée pour « Sauver la vie ou préserver la santé physique de la femme ».
Le risque sanitaire et la condamnation morale associés à l'ISG en général façonnent négativement les attitudes des femmes et hommes migrantes et déplacées internes vis-à-vis de la loi autorisant l'ISG au Burkina Faso.